Loading
billet-humeur-partenariat-a-tous-prix

Un partenariat à tout prix ?

Aujourd’hui, je publie un post bien différent de ceux déjà présents sur le blog. Une anecdote qui m’a donnée à réfléchir. J’ai reçu une proposition de partenariat qui, ruminée encore et encore, m’a vraiment sortie de mes gonds. Je suis peut-être un peu fleur bleue mais je l’ai trouvée aberrante. À croire les gens ne doutent de rien et ont une bien piètre opinion de ceux qui les entourent. Ou peut-être simplement des personnes tenant un blog. Sous prétexte que je suis une blogueuse, je ne pense qu’aux vêtements gratuits, à la forme et pas au fond d’un article ? Sous prétexte que je suis une petite blogueuse on peut me la mettre profond d’un point de vue financier ? Pourquoi tant de cinéma, de protocole alors qu’un simple mail pour se faire connaître accompagné d’un topo sur la marque feraient l’affaire et auraient de bien meilleurs résultats auprès de moi ? Peut-être s’agit-il simplement de différences culturelles. On dit que les Français sont… tatillons^^. Quoiqu’il en soit, il y a d’autres manières de mettre en place une relation pérenne ou de tester la valeur, le sérieux d’un blogueur. Voici l’histoire !

Vous avez un message !

J’ai décidé de ne plus lire mes mails sur mon téléphone (ce n’est pas l’information principale de cet article mais c’est l’occasion de le mentionner). Cette pastille rouge qui apparaissait continuellement, me tapait sur les nerfs. Désormais, je lis mes mails une fois par jour voire tous les deux jours seulement. Il n’est pas question de vie ou de mort, ne l’oublions jamais.

Dans l’amoncellement de pubs, de spams et autres messages douteux se trouvait une proposition de partenariat de la part d’une petite marque dont je vais taire le nom. Un mail qui m’a fait plaisir mais qui m’a surtout fait sourire. Après tout, mon interlocutrice a eu le culot de me dire que mon blog était incroyable, qu’elle était impressionnée par le nombre de fans et de vues que je pouvais avoir et qu’elle serait ravie d’entamer une collaboration durable avec moi. LOL. Je regarde les chiffres régulièrement et même s’ils progressent, il n’y a pas de quoi s’extasier non plus. Il s’agissait donc d’un discours type, digne d’un spam, qui plus est en anglais alors que pour l’instant je n’écris qu’en français. Mais qu’importe.

Les « 12 travaux »

Je suis flattée, j’avoue. Afin de voir ce que propose la marque, si certains produits peuvent me plaire, je jette un coup d’œil à l’e-shop. Rien de bien folichon mais 3 ou 4 articles retiennent quand même mon attention. Je réponds donc positivement et fais quelques suggestions de posts. Mon interlocutrice me répond à son tour quelques heures plus tard et le contenu de son mail donne l’impression qu’elle n’a pas lu le mien au-delà de la 2ème ligne.

Elle m’explique comment les choses vont se passer :

J’ai 3 jours pour publier une wishlist sur mon blog comportant au minimum 2 articles de la marque accompagnés d’un code de trackage spécifique à insérer dans leurs liens

Je fais régulièrement des sélections sur le blog au sujet d’articles mode qui m’obsèdent sur le moment, en faisant attention aux prix, en choisissant différentes marques bien connues ou déjà éprouvées. Faire une sélection de produits provenant d’une marque inconnue, étrangère, sans savoir si la qualité est au rendez-vous, si les conditions de livraison sont bonnes ou si le produit reçu est conforme aux images me pose des problèmes de conscience et d’éthique. On sait pertinemment que de nombreux sites chinois ne sont pas fiables dans le domaine de la mode. (Et si sur mon calendrier de publication, aucune wishlist n’était prévue, hein ?)

Qu’elle me demande d’intégrer au minimum 2 articles à l’une de mes sélections ne me dérange pas, mais une dead line… L’échéance m’a fait tiquer. Nous ne sommes pas dans une relation patron-employé ni même annonceur-organe de presse où il y a un contrat et un transfert de fonds. Ici on se connaît à peine, il n’y a même pas de bonnes relations de travail établies dans le cadre desquelles elle aurait pu me demander une faveur. En vérité, elle ne demande pas, elle exige !

De plus elle me fourni un code de trackage, me dit comment l’insérer (comme si je ne le savais pas) sans même me parler d’affiliation, de pourcentage sur les ventes. Peut-être en aurait-elle parlé dans un prochain mail ? Rien de moins sûr ! Je pense surtout qu’elle a cru que cette pratique m’était inconnue et que c’était une belle occasion de faire des économies.

Le titre devra comporter tel mot-clé que l’on devra aussi retrouver dans les deux premières lignes de mon texte

En plus de me donner un cours de référencement au cas où la grande débile que je suis ne saurait pas comment cela fonctionne, on m’impose en quelque sorte un thème, un sujet pour ma sélection.

Je soumettrai ma sélection à relecture

Je faisais relire mes articles par mes supérieures quand j’étais stagiaire, c’était bien normal, je travaillais pour un magazine qui avait sa ligne éditoriale, sa cible, ses annonceurs (et on n’est jamais à l’abri d’une coquille^^). Seuls les articles commandés par une marque, les publi-reportages comme on dit, étaient soumis à l’aval de ladite marque qui paie pour que le travail soit fait d’une certaine façon. Ici on me dit sur quoi écrire, on me donne un texte à mentionner (voir plus bas) et on souhaite relire avant publication, le tout sans rétribution. Non pas que je sois avide d’argent mais au moins cela aurait « justifié » cette intrusion dans mon espace.

Une fois validée et en ligne, je pourrai choisir des articles sur le site que l’on m’enverra gratuitement. De préférence des articles ayant la mention « dispatched within 3 business day »

Oh si, pardon, j’ai droit à une rétribution ! Entre 30 et 40 $ de vêtements (faudrait pas que je sois trop gourmande quand même) après publication dans les 3 jours d’un premier article mentionnant la marque. Il ne faut pas oublier que ces vêtements devront servir à un prochain article. Si le nombre de clics générés par le premier n’est pas jugé suffisant, aurais-je droit à ces vêtements ?

Je devrai écrire une revue sur ma commande, créer et mettre en ligne un look

C’est le point qui me pose le moins de problème. Je dirais même plus : celui auquel elle aurait dû se limiter. C’est gagnant-gagnant: du contenu pour moi (parfois, la fée Inspiration me boycotte), de la visibilité et du contenu pour elle.

 

Dans cet article, il serait souhaitable que j’ajoute un texte spécifique invitant mes lecteurs à participer au concours spécial 3ème anniversaire mis en place sur le blog de la marque et à me taguer une fois que c’est fait

En fonction du nombre de tags obtenus, je recevrai des cartes cadeaux de différents montants (mais chutt ! C’est un secret).

Je sais que les concours et les codes promo sont les nouvelles sources de revenus des blogueuses (certaines reçoivent des pourcentages à chaque fois que leur code promo est utilisé) mais cela nécessite un tel matraquage. En tant que grande consommatrice des réseaux sociaux, je le subis bien trop souvent pour avoir envie de l’imposer à d’autres. Stupide ? Sans doute. Ok, dans le cas présent on me propose simplement des cartes cadeaux. Mais des cartes cadeaux pour une marque que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam qui m’a à peine séduite. Puis, avouons-le, à mon échelle ce matraquage ne m’apportera rien.

Bien sûr, tout ceci devra être partagé sur mes différents réseaux sociaux et la marque pourra disposer des photos réalisées

Effectivement, être exposée sur leur compte Instagram aurait pu m’apporter plus de visibilité mais je ne suis pas sûre que le jeu en aurait valu la chandelle. C’est davantage « tout bénef’ » pour eux que pour moi. De plus, à l’heure des faux comptes, robots, achats de likes… toute visibilité est relative.

Courir ou tenir ?

Je me suis demandée si, dans un autre contexte, j’aurais écrit un article sur cette marque. Probablement. Sous la forme d’un crash test pour tester ses produits et partager mon ressenti. Un simple retour d’expérience, comme d’habitude. J’étais d’ailleurs totalement libre d’écrire mon second article sous cette forme mais ce mail ne m’a pas donné envie d’aller plus loin, de donner du mien. Il m’a carrément refroidie. Cela peut sembler étrange mais ce n’est pas comme ça que je conçois les choses. Quand bien même il s’agissait de tester ma fiabilité, il y aurait eu d’autres moyens de la faire.

Ce que j’aime dans le fait de tenir un blog c’est de pouvoir établir mes propres règles. C’est ma voix, ma plume, ma vision des choses, sans chichis, sans compromis. C’est pour ça que j’écris cet article aujourd’hui qui pourrait, je le sais, refroidir d’éventuels partenaires. Mais j’estime que lorsque l’on fait les choses bien, on n’a pas à avoir peur de quoique ce soit.

 

À la lecture de ce mail, je me suis sentie d’un coup oppressée et j’ai réalisé qu’aucun partenariat ne valait ma tranquillité d’esprit.

4 comments

  1. Ces méthodes sont des méthodes de brigands. Effectivement, si ils peuvent « attraper » 10,20, … bloggeuses qui ne voient pas qu’ils se servent d’elles sans contrepartie. Et puis, comment parler d’une marque si l’on n’a pas testé soi-même ses produits ? Tu as une éthique et tu t’y tiens. Je suis fière de toi.

  2. Complètement d’accord avec toi. C’est primordial de garder sa liberté d’expression et sa ligne de conduite, et de ne pas se retrouver à la botte des marques. Reste comme ça.

Leave a Reply