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Pourquoi il m’est devenu compliqué de faire des looks ?

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Proposer des looks sur le blog est devenu bien plus compliqué qu’il y a quelques années. Fut un temps, j’avais des problèmes de mise en place. Il fallait investir dans une tenue à shooter, trouver une âme charitable qui veuille bien sacrifier quelques heures pour me prendre en photos, m’affranchir du regard des passants, passer outre les photos ratées… Les temps ont changé. J’ai changé je crois. Ou bien, comme l’a chanté Justin Bieber « I’m going throuth changes | Don’t mean that I changed ».

Bye Bye surconsommation

J’aime toujours autant la mode cependant, je fais bien moins de shopping qu’aux débuts du blog. L’envie se fait moins sentir. Il faut dire qu’avec mon travail, je porte souvent le même genre de tenues, des vêtements qui ne craignent pas trop et qui présentent relativement bien. Du coup, acheter des vêtements qu’on ne pourra porter qu’occasionnellement est assez frustrant voire, sans intérêt. Le confinement a bien réglé la question vu que ma tenue fétiche durant cette période était mon pyjama.

Le déconfinement a levé le voile

Après l’absence de nécessité, il y a eu la dimension écologique ou plutôt le malaise que provoquaient en moi les enseignes de fast-fashion. Tout a commencé lors du déconfinement et de la réouverture des magasins. J’ai vu sur les réseaux et dans la presse une horde de personnes faire la queue pendant des heures devant tous les Zara de France. Je l’admets, j’ai d’abord critiqué ces gens pour qui il était primordial de s’entasser dans une queue monstrueuse afin d’acquérir une pièce Zara alors que le virus circule toujours. Que pouvait-il y avoir de vital là-bas ? Une nouvelle collection toutes les deux semaines, des centaines de pièces à chaque fois mais très peu de pépites. Des prix exorbitants, une qualité discutable, des invendus qui moisissent dans des entrepôts ou sont détruits par le feu en polluant un  peu plus l’environnement au passage. Toujours plus de gaspillage des ressources, toujours plus de consommation inutile et de non respect de la planète. Je parle de Zara mais c’est valable pour toutes les autres enseignes du même style que je n’ai surement pas besoin de citer.

Bref, cet engouement (un peu glauque), m’a refroidi.

Complicité tacite

Enfin, il y a eu le scandale des Ouighours. Ce peuple réduit en esclavage par la Chine, battu, stérilisé, rasé, forcé à renoncer à sa religion et qui confectionne les produits d’enseignes internationales. La Chine extermine ce peuple peu à peu en mettant en place de nombreuses formes de torture et de répression. Sur le compte Instagram @ouighours.news, je suis tombée sur une image et des propos qui m’ont marqué : « acheter, c’est être complice ». Cette phrase m’a fait réfléchir et a calmé mon syndrome d’accro au shopping.

Une prise de conscience toute relative

Tous ces événements m’ont bousculé et ont entraîné un questionnement interne toujours pas résolu. J’ai toujours été plutôt matérialiste… mais raisonnable. Je réfléchis beaucoup avant d’acheter, je compose les looks dans ma tête, j’économise, j’amortis mon achat…

Et, même si je n’ai rien acheté chez H&M ou Zara depuis près de 2 ans, je continue de faire des commandes chez Mango de temps à autre. Je regarde lieu de fabrication et la composition des pièces pourtant, je ne me suis pas débarrassée de mon iPhone (je compte même m’acheter le nouveau modèle, j’avoue). Je ne me suis pas non plus débarrassée de mes vêtements H&M achetés il y a longtemps. D’ailleurs, je ne suis pas toujours vigilante. J’ai fait l’acquisition d’une robe que j’adore chez Esprit. Quelques heures après mon achat, j’ai appris, qu’Esprit faisait partie des marques qui exploitent les Ouighours. Mais je n’ai pas rapporté mon achat pour autant…

Comment faire le tri ?

J’ai découvert via le podcast My Better Self, une application révèle l’envers du décors. Cette application s’appelle Clear Fashion. Il suffit de taper le nom de la marque sur laquelle on souhaite acquérir des informations. Si la marque est recensée, on découvre alors ses notes sur 100 sur le plan environnemental, humain, du point de vue de la santé et de la cause animale ainsi que des infos sur ses lieux de production. Cette application est hyper pratique. L’ennui, c’est qu’en tapant le nom des marques que j’affectionne particulièrement, je me suis rendue compte que certaines d’entre elles étaient très mal notées. Maintenant, je ne peux plus feindre l’ignorance…

Et maintenant que fait-on ?

Il est compliqué de poster des looks sur le blog parce que je ne sais pas comment me positionner. Je crois aussi que je souffre d’une certaine hypocrisie entre ma légère prise de conscience et mon refus de renoncer à mon petit confort et mes habitudes d’occidentale de classe moyenne…

Faut-il continuer les looks sur le blog ?

Outre la composition des looks, ce qui me pose également problème c’est de proposer des shopping lists sur le blog. J’adore définir un thème et trouver tout un tas de pièces qui y correspondent et qui peuvent te plaire à toi qui me lis. J’en ai d’ailleurs publié une récemment qui parle des essentiels automne-hiver. Cependant, en mettant en avant sur mon blog des vêtements à la composition ou au mode de fabrication discutables, je crois que je participe moi aussi à entretenir le statu quo qui consiste à fermer les yeux en prenant comme prétexte la loi de proximité.

J’imagine qu’il va falloir que je prenne des décisions plus radicales en la matière. Je me laisse un petit temps de réflexion pour définir la voie que je dois suivre. D’ici là je vais faire preuve de vigilance dans mes achats comme dans mes sélections. Et, pour ce qui est des looks, je posterai ce qui me fait plaisir, en évitant le plus possible la prise de tête.

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29 ans | Paris | Professionnelle de la food et de la communication | Lifestyle Blogger |
"Today, be the badgass girl you were too lazy to be yesterday"

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